Bien que le sujet ne soit pas des plus joyeux, je pense qu’il est important de lire ce roman, un sujet que l’on ne retrouve que très peu.

4/5

Résumé: « Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ». « Réparer les vivants » est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Réparer les vivants c’est l’histoire de Simon Limbres, 19 ans, alors que ce jeune homme passionné de surf reprends la route avec ses amis après une session sur les vagues dans le froid du matin, il a un accident, tous se réveillent à l’hôpital, à l’exception d’un, Simon, il est dans le coma, et c’est sur lui que l’histoire va se concentrer.

Nous allons alors accompagner les proches de Simon, qui apprennent son accident, notamment ses parents pour lesquels l’annonce va être très difficile, c’est un roman très fort en émotions, il fait beaucoup réfléchir, d’une part sur la manière dont nous réagirions si nous étions à leur place, d’une autre part sur un sujet beaucoup plus délicat, qui est celui du don d’organe…

En effet comme l’annonce la quatrième de couverture, il s’agit d’une transplantation cardiaque. Il est également question d’autres organes (les reins, le foie, les poumons) et ce livre nous pousse réellement à réfléchir sur le fait d’être donneur, puisqu’ici, Simon ne s’était jamais prononcé de son vivant, c’est donc à la famille de faire un choix, un choix très difficile.

 « C’est l’heure. Amorce du jour où l’informe prend forme : les éléments s’organisent, le ciel se sépare de la mer, l’horizon se discerne. »

C’est un roman profondément bouleversant, j’ai même parfois était un peu mal à l’aise face à l’immense tristesse et au désespoir des parents de Simon, dans ce livre, nous partageons de nombreux moment douloureux avec les proches du jeune homme.

J’ai trouvé incroyable la force avec laquelle ou ressent les émotions que l’auteure cherche à nous faire ressentir à travers les pages, on a envie, nous aussi, d’hurler notre souffrance, nous n’en pouvons plus, nous voulons que ça s’arrête et pourtant, nous continuons la lecture, car nous vivons une véritable aventure humaine dans ce roman.
Le roman prend même parfois des allures philosophiques.

 « Que faire Nicolas? Enterrer les morts et réparer les vivants. »

Au début du roman, j’ai été un peu dérangée par la plume de l’auteur, je ne saurai l’expliquer avec des mots justes, mais autant vous dire qu’il vaut mieux être concentré dans sa lecture pour réussir à suivre l’auteure sur certains points, même si j’ai aimé la manière dont elle décrit les situations les plus délicates, et aborde des sujets très sensibles et particuliers, j’ai eu du mal avec la plume jusqu’à la fin.

J’ai beaucoup aimé l’immersion totale dans le milieu médical, on découvre l’envers du décor, et personnellement j’ai beaucoup appris.
Si ce roman peut se montrer extrêmement pessimiste, ce n’est pas tout à fait le cas, il prend également un aspect d’hymne à la vie, puisque l’on va également découvrir une femme, qui vit dans l’attente et la souffrance, elle, elle a besoin d’une greffe de coeur.

C’est un roman assez complexe et fort en émotions qui vous fera réfléchir plus d’une fois, une magnifique aventure humaine, un roman très surprenant que je recommande!

 L’arrêt du cœur n’est plus le signe de la mort, c’est désormais l’abolition des fonctions cérébrales qui l’atteste. en d’autres termes : si je ne pense plus alors je ne suis plus.Déposition du cœur et sacre du cerveau – un coup d’état symbolique, une révolution.